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HAÏTI GAY : LE DOSSIER EMBARRASSANT

Sujet hautement polémique, et peut-être même scabreux, à cause de sa portée culturelle, religieuse, affective et sociale, l’homosexualité est l’objet de débats majeurs, mais dont le côté passionnel est susceptible de faire perdre un obligatoire souci d’objectivité à tous les partenaires concernés.

La difficulté de traiter un tel sujet réside pour les gays d’une part à trouver leur place au soleil, qui se révèle paradoxalement sous les tropiques chiche et peu généreux, et d’autre part à officialiser leur recherche légitime du bonheur, qui se heurte à des contraintes multiples mais dont il importe de disséquer les causes.

A partir de quelques documents numériques,  le constat s’impose que  les contraintes semblent créer les conditions d’une incompatibilité fondamentale entre la recherche du bonheur dont tout homme est susceptible naturellement,  et un arsenal législatif et religieux répressif  invoqué avec une conscience plus ou moins honnête qui a du mal de cacher son trouble. Pourquoi donc cette ambiguïté ?

Pêle-mêle, on méconnaît les droits de l’homme, la religion dérape, les politiques pensent à leur avenir… Donc les homosexuels sont malheureux, très malheureux.

Les droits de l’homme maltraités

En vertu de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, et d’autres conventions signées et ratifiées par Haïti, chaque citoyen peut se prévaloir des droits à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne, ce qui garantit la liberté de conscience, dont le choix religieux ou politique, et, bien sûr, l’expression de sa sexualité.

La souscription à de telles conventions est contraignante, et tout pays signataire a le devoir de les appliquer dans le cadre de ses frontières. Or Haïti, signataire de ces conventions, ne garantit pas à tous ses citoyens l’exercice de leur sexualité. Pis, il le viole délibérément ; cette violation se camoufle piteusement derrière le paravent des bonnes mœurs pour combattre les gays. L’État haïtien, dont la classe religieuse et politique, considère en effet, cette catégorie sociale comme souffrant d’une pathologie, qu’il importe évidemment de guérir. Il ignore que, depuis le 17 mai 1990,  l’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies. Plus de maladie, donc plus de malade, donc plus de traitement.

Donc les homos seraient des gens normaux. Mais il est confortable pour des hétérosexuels bien-pensants de considérer les homosexuels comme des anormaux, car en les classant dans une catégorie frappée d’infamie, ils se rassurent dans leur propre sexualité, qui tout à coup apparaît bien fragile. Rien de tel, en effet, que de rejeter la faute sur un anormal pour se prouver sa propre normalité. Fonctionnement bien malhonnête à la vérité, et tout individu un peu cultivé connaît le mécanisme de projection en psychologie.

Soit un pauvre bougre, qui souffre d’une tare polymorphe – il est en effet orphelin, pauvre,  gay, occasionnellement travesti – qui ne dispose d’aucune ressource autre que son corps pour ne pas mourir de faim. Dans un État organisé, il serait pris en charge par des services adéquats, le temps de trouver une solution. En Haïti, non : manifestant une double lacune, l’État ne le prend pas en charge, mais en outre il le fait attaquer méchamment. Le réprimer, le punir, le sanctionner, quitte à le ridiculiser devant l’opinion publique. Il faut frapper fort et soulever la vindicte populaire.

Des forces de l’ordre s’ingénient à le faire rentrer dans le rang d’abord en le menottant, ensuite en l’humiliant massivement avec des insultes graveleuses, et pour finir, elles lui proposent une libération contre mille dollars. Hop, ni vu ni connu. Sauf qu’un agent a filmé la scène, révélant au monde entier non seulement la vénalité de ses collègues,  mais aussi la détresse de l’intéressé et l’incompétence de l’État dans la maltraitance de ses marginaux.

Un exemple parmi tant d’autres : ce jeune homme est arrêté arbitrairement, maltraité par les forces de l’ordre, menotté, insulté, victime de chantage au prix de sa liberté ; une position de totale impuissance. Etre homosexuel , son seul tort. 

Avec le départ des Duvalier, les droits de l’homme ont été agités comme la panacée, la recette pour sortir du pays de l’effroyable état de déliquescence où la dictature l’avait plongé. Certes, la notion des droits de l’homme donnera de quoi redire, et considérablement, surtout sur ce point ultra-sensible de la liberté de conscience. Mais ne doit-elle pas être classée parmi cette catégorie toute nouvelle, celle des faits alternatifs ?

Une religion opprimante

Les religions chrétiennes assurent qu’elles répandent la bonne nouvelle de la libération. Un formidable message d’amour de Jésus, lourd de sens dans un ancien pays asservi. Voire ! Les clercs, toutes confessions confondues, se sont ligués pour faire une chasse impitoyable aux homosexuels.

Il faut savoir en effet que Jésus les a expressément exclus de son évangile, comme chacun sait, disent-ils avec autorité. Leur discours présente des incohérences insolubles dans l’ordre de la raison et dans celui de la foi : si l’homosexualité est exécrable, l’homosexuel doit être à sa place, mais obligatoirement chaste et vertueux, simple témoin passif et impuissant du bonheur d’autrui.

Par leur passivité et leur discours, les Églises haïtiennes se font complices des violences exercées à l’encontre des gays, elles contribuent puissamment à leur malaise ; leur condamnation inconditionnelle de l’homosexualité est suivie d’une sauvage répression menée par des foules ignorantes qui croient obéir à un message divin.

Ainsi, une rumeur infondée en 2013 évoquait une loi autorisant le mariage pour tous ; des manifestations sont immédiatement organisées par différents responsables religieux. Le décor est planté, et, naturellement, deux homosexuels sont tués. Ainsi, ces mouvements religieux ne se contentent pas de condamner l’homosexualité, mais elle condamne les homosexuels, et organisent leur mise à mort.  C’est sans doute très chrétien.

Pis encore, à l’instar de cet évêque de Monrovia qui a déclaré que l’épidémie de zika en Afrique était la conséquence du vote de la loi sur le mariage homosexuel, au lieu d’accueillir, elles créent de toutes pièces les conditions de leur exclusion ; le sénateur d’Haïti Carl Murat Cantave, porteur de la loi punissant les homosexuels de trois ans d’emprisonnement et de cinq cent mille gourdes d’amende, a déclaré sérieusement que l’homosexualité était la cause des malheurs du pays. Une déduction qui renvoie peut être à l’évangile concernant la destruction de Sodome et de Gomorrhe (Genèse 19.1-29). Argument, on le voit, purement théologique mais d’une ignorance probante.

Il est clair que la corruption et la vénalité des fonctionnaires haïtiens n’ont aucune part dans cette situation. En effet, il ne faut pas confondre les genres. Même si les instances internationales jugent ces propos médiévaux, cela ne perturbe pas le sérieux de ces politiques. Après tout, au royaume d’Ubu, tout est possible, il y a longtemps que le ridicule ne tue plus.

Haïti doit donc être un État théocratique de tout premier plan, permettant enfin la justice sociale, le développement économique, l’éducation de tous, le développement des transports, l’établissement d’une administration forte, honnête, non vénale, un haut niveau de justice enfin appliquée à tous avec la même autorité, une qualité de vie que le monde entier peut admirer avec envie.

L’exclusion, ou la condamnation, paraît donc le seul mode d’action des Églises en Haïti. Dans ce chapitre répressif, un petit rappel de cette information criante de vérité : les homosexuels sont la catégorie d’individus qui souffre du plus fort taux de suicide au monde. Où est l’injonction de l’évangile qui impose une telle extrémité ?

L’Église parle de déviance, de maladie contre quoi il faut lutter. Cela assure son jugement et prévient toute critique : qui en effet prendrait la défense de la maladie ? Soit une ignorance appuyée des développements et recherches en psychologie depuis plus d’un demi-siècle. L’on sait en effet que le gay n’a pas recherché son état, qu’il n’en est donc pas responsable, qu’on ne peut pas le lui reprocher ; les homos ne sont pas responsables de leur état, la psychologie moderne montre qu’il s’agit là d’un mécanisme complexe où la volonté de l’individu n’exerce pas de responsabilité. Il ne faut pas confondre nature et culture.

Ces religieux, ceux-là même qui ont la pratique de l’exclusion, peinent à extérioriser les causes de leur aversion pour l’homosexualité. Une distinction difficile entre homosexualité et homosexuels, mais une excuse : la bible. Malgré tout, contrairement aux pasteurs évangéliques haïtiens, l’ecclésiastique ci-dessous n’a pas de position personnelle. Il se réfugie dans le discours officiel de sa hiérarchie, qu’il énonce de façon alambiquée pour se protéger. l’Eglise doit accompagner les homosexuels. Elle condamne l’acte, mais elle ne condamne pas la personne, argue-t-il.

Cette position de l’Église est compréhensible. En effet, depuis Freud, la psychologie l’a toujours grandement dérangée. Sa vision morale lui interdit de prendre en compte une société qui évolue, car cette évolution est susceptible de compromettre ses propres fondements. Elle est dans l’impossibilité de dissocier les apports de la nature et de la culture ; une condamnation – une excuse ? – derrière le refuge de Lévitique 18, verset 22. Certes, mais c’est encore l’ancien testament. Et les homosexuels haïtiens, malheureux et déçus de l’inanité des réponses qu’on leur objecte en permanence, en butte à l’opposition d’une société majoritairement intolérante, sinon haineuse, continuent de souffrir. Ils en sont encore à attendre l’avènement de Jésus et du nouveau Testament.

Par ailleurs, une question montre toute l’ambiguïté d’un État laïc : peut-on être à la fois juge au tribunal, donc fonctionnaire de l’État, et pasteur, donc membre affiché d’un système religieux et mettre de côté les lois de la République pour faire appliquer ce qu’on croit être conforme à la morale purement chrétienne ? Oui, en Haïti, cela est possible.

L’intéressé peut pousser la confusion des genres jusqu’à menacer publiquement, sans qu’on puisse référencer son injonction : « ces gens-là (les homosexuels) ne peuvent pas venir devant moi ». Ce faisant, cette personnalité affiche une double contradiction : on ne peut pas être à la fois fonctionnaire de l’État et dans l’exercice de sa mission de service public appliqué des règles imposées par l’organisation religieuse dont il est membre d’une part ; son système religieux pratique une exclusion dommageable à son crédit, et en contravention avec son code de déontologie d’autre part. En conséquence, il triche sur sa finalité religieuse, et trahit l’État qui l’emploie et dont il est censé dire le droit. Contradiction, ou bien syncrétisme ? Flexibilité ou bricolage ? Adaptation ou malhonnêteté ? Souplesse ou opportunisme ?

Une législation discriminante

Les citoyens sont-ils égaux devant la loi ? Légalement oui, pour la majorité de la population. Mais non, pour les homosexuels. Pour preuve, ces deux lois votées par le Sénat haïtien instaurant une homophobie d’État, qualifiant l’homosexualité de dépravation de la jeunesse, ou encore d’abomination du pays.

Si deux personnes de même sexe s’embrassent publiquement et que la justice est au courant, elles ne pourront pas avoir un certificat de bonne vie et mœurs affirme Jean Renel Senatus, porteur de la loi relative à la réputation et les bonnes vie et mœurs. De l’autre côté, selon la proposition de loi du Sénateur Carl Murat Cantave visant directement les homosexuels, la promotion de l’homosexualité, sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit, constitue un délit d’outrage aux bonnes mœurs et à la pudeur publique. Et les contrevenants encourent, selon l’article 3, trois ans de prison ferme et  peuvent être condamnés à une amende de cinq cent mille (500 000) gourdes.

Carl Murat Cantave

<< Les homosexuels qui ne respectent pas la loi, s’affichant en public sont passibles de trois ans d’emprisonnement ferme et d’une amende d’un million de gourdes ( Environ 13 000 euros )>>. 

Soit un jugement moral pour justifier l’interdiction de la délivrance des certificats de bonnes vie et mœurs à des homosexuels avérés ; des droits amputés, une vie limitée, une citoyenneté de seconde zone.

Les gays, dont la capacité juridique est déjà sensiblement amputée, sont victimes de la réduction de leurs droits dans cette société, sauf celui de peupler les prisons, celui d’être assassiné dans la rue par une population qui retrouve ainsi son droit à la parole, celui de vivre sans bonheur, celui de quitter leur pays natal et leur famille pour un étranger plus humain et plus accueillant, ou bien, si rien ne marche, celui de se suicider. Tant pis pour eux disent certains : ils n’avaient qu’à être normaux, ils l’ont bien cherché.

Après tout, le Soudan, le Nigeria, l’Arabie, l’Iran par exemple, y compris la terrible Tchétchénie, pendent ou décapitent ou lapident ou projettent du sommet des immeubles, éliminent physiquement de toute façon, les homosexuels sans hésitation, et toujours en référence à leur morale religieuse. Dans les États totalitaires, l’on sait que les anormaux constituent toujours des minorités à l’origine des difficultés pour la gestion normale et efficace d’un État quelconque, qu’il s’agisse des fous, des opposants politiques, des handicapés, des chauves, des gauchers, des homosexuels, des incroyants, des intellectuels, des roux, des malades, tout ce qui ne rentre pas dans le rang de la normalité ou qui dépasse lors d’un défilé.

Ceci fait, l’État haïtien, le grand Haïti, notre Haïti chéri n’aura rien à envier à ces pays. Ces derniers ont la charia, Haïti a la bible. À chacun sa religion importée par une colonisation intelligente, son livre sacré qui est son code à la fois civil, pénal, bancaire, administratif et financier, ses références théologiques immuables et éternelles, son dogme applicable à tout le pays, et qu’il a toujours à cœur à appliquer, du nord au sud, tout le long de l’année, chaque semaine, de jour et surtout de nuit.

De l’interdiction d’une manifestation à la légalisation de l’homophobie

Le président de l’association KOURAJ, monsieur Charlot Jeudy a envisagé un festival pour présenter l’homosexualité et les difficultés auxquelles sont confrontés les gays. Le Sénateur Jean Renel Senatus interpelle alors le gouvernement pour l’interdire.

C’est monsieur Danton Léger, commissaire du gouvernement, équivalent du procureur de la République en France, qui l’interdit immédiatement à Port-au-Prince, avec cet argumentaire :

– il expose la manifestation comme promotion de l’homosexualité, ce qu’il redoute,

– il prétend craindre des troubles à l’ordre civil, compte tenu des prochaines élections,

– il se réfugie derrière la levée de boucliers au sein de la population devant une telle manifestation.

C’est donc le parquet, intervenant curieusement en tant qu’exécutif, qui décide l’interdiction de  cette manifestation.

Même en ignorant cet empiétement inattendu des pouvoirs au sein de l’Etat, il y a lieu de constater  que cette personnalité interdit formellement la liberté de réunion, la liberté d’association et la liberté de manifester librement ses opinions.

En fait, une interdiction de la liberté de conscience, en bonne et due forme. Soit un exposé public de l’incompétence de l’Etat à assurer la protection de ses propres citoyens dans l’exercice de leurs prérogatives ordinaires. En outre, expression et argumentaire prouvent que c’est le peuple qui impose cette interdiction à un magistrat bien obéissant.

Lorsque c’est la rue qui dicte sa loi au pouvoir, et on l’a vu suffisamment ces dernières années à Port-au- Prince, on appelle cela la démagogie. En fait, l’incompétence pour l’Etat de diriger, de mener une politique au sens strict, une lâcheté, c’est-à-dire les ingrédients d’une dictature d’un pouvoir autoritaire qui ignore les autres moyens pour se faire entendre.

Ainsi, le 27 septembre 2016, avec cette déclaration du commissaire du gouvernement, le pouvoir haïtien anticipe l’annonce des lois votées au Sénat de la République en août 2017. De ce fait, la suspension, voire l’interdiction de la liberté d’expression et de conscience, essentielles à toute démocratie, reposent dorénavant sur une base légale. Il est donc légitime de considérer la déclaration du magistrat Danton Léger comme une grave entorse au principe sacré de la liberté, fondement, origine, pilier indiscutables de l’état haïtien depuis le 1er janvier 1804.

Des lois attentatoires à la communauté LGBT

Des parlementaires connus pour être antigays ont officialisé leur homophobie avec un double projet sanctionnant les gays d’Haïti. Un recul sensible de la tolérance de fait, qui a permis à Haïti, depuis plus de 50 ans, de ne point adopter une position extrémiste sur le sujet.

La conception de ces textes nouveaux, du fait de leurs promoteurs et de leur esprit même, est apte à produire des lois anticonstitutionnelles. Donc, dès leur publication, elles sont attaquables en vertu de l’article 19 de la Constitution de 1987. La loi fondamentale signale en effet que l’État a le devoir de respecter les citoyens conformément aux normes édictées par la déclaration des droits de l’homme. Or ladite déclaration fait interdiction de différencier les gays des autres, en tant que citoyens du pays. L’on peut ajouter également que l’OMS, depuis le 17 mai 1991, a biffé l’homosexualité de la liste des maladies.

Ce défaut de conformité de ces lois à la fois à la Constitution haïtienne et à la déclaration des droits de l’homme rend évidemment possible toute procédure tendant à leur annulation, si d’aventure le président de la République les promulguait. Or, il a suffisamment affirmé qu’il voulait gouverner avec son gouvernement de façon démocratique pour ne pas commettre l’irréparable ; il ne peut moralement se dédire. Au cas contraire, la saisine de la Cour de cassation s’impose. Et en cas de succès, ce serait une humiliation majeure à la fois pour le  pouvoir législatif et le pouvoir exécutif, qui verraient leur autorité réduite à néant par une décision de l’autorité suprême en matière judiciaire. Haïti n’a pas besoin de cela, ni en interne, ni à l’international.

Il faut quand même signaler que cette criminalisation, sciemment recherchée par le législateur, rend la vie des homosexuels haïtiens insupportable. Un enfant jeté à la porte par sa famille chrétienne est totalement abandonné et livré à lui-même selon Charlot Jeudy, aucune structure pour le prendre en charge. On insulte les gays, on les ridiculise, leur vie est vouée à raser les murs et à ne pas exister.

Les moyens de Kouraj sont dérisoires. Cette association dédiée aux gays  ne perçoit aucune aide de l’Etat. Elle se manifeste par la dénonciation des faits discriminatoires et homophobes. Elle informe ses correspondants à l’étranger, rencontrer certains acteurs de la société civile pour susciter une législation, pour que ces lois homophobes ne soient pas votées, elle envisage le dépôt d’une plainte aux Nations Unies. Elle a déjà saisi le président de la République et le gouvernement pour leur signaler que ces lois sont contraires aux principes républicains.

Conclusion : Un État en faillite

Dans les faits, l’État montre des signes majeurs de son inefficacité dans la gestion du pays. La justice se fait dans la rue, entre la passion, l‘ignorance, la haine et la colère ; le supplice du collier n’a pas disparu. Signe évident que l’État n’a pas les moyen de faire appliquer sa structure, son organisation, son autorité, il n’a même pas la pudeur de faire semblant. Les zones de non-droit ne se comptent plus. Légitime, ce terrible questionnement : l’État haïtien existe-t-il ?

Un pays sans moyens ni finances, un pouvoir législatif corrompu, un exécutif incapable d’appliquer l’État sur tout son territoire, un judiciaire qui s’est ridiculisé par son incompétence et sa vénalité… Une coquille vide. Haïti  présente tous les symptômes d’un État fantôme.

On le voit, l’élément humain, pourtant essentiel, n’a jamais depuis des décennies constitué une priorité de la part du gouvernement. Les structures sont branlantes, les citoyens n’ont aucune confiance dans leurs propres institutions, l’État ne marche pas. Puisque le monde concret a montré des limites insoutenables, ils se sont naturellement tournés vers ceux qui proclament des au-delà qui chantent. Mais leur foi est autant déçue que leur attente des Pouvoirs publics d’ici-bas ; les discours de ceux-ci et de ceux-là sont également inefficaces, mensongers, vains, peu porteurs d’espoir. Les signes d’espérance se laissent encore attendre. Faut-il désespérer, ou, de façon irrationnelle, continuer à espérer ? Après tout, l’espoir n’est-ce pas tout ce qui reste aux Haïtiens, dont ils soient capables ? Il serait assassin d’éteindre la petite lumière. La veilleuse est annonciatrice d’une aube nouvelle. On ne sait jamais : la foi, paraît-il, peut déplacer les montagnes. Et les homos, dans tout ça ?

Dieu aime tous ses enfants, mais comme les homos ne font rien comme tout le monde, ils sont exclus de son amour, tant pis pour eux…

PHELE Windy

Journaliste

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By | 2018-01-07T04:04:34+00:00 22/09/2017|SOCIETE|

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Journaliste/Juriste/Militant pour le respect des droits de l'homme en Haiti

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