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Gracia Delva, l’ambassadeur de la médiocrité au Parlement haïtien passe aux aveux

 

Il est 2h du matin, la foule qui était venue dire bonne fête à la RTVC assiste à une prestation mi-figue mi-raisin (ni figue ni raisin) de l’ancien député devenu sénateur de l’Artibonite.

Au terme d’une prestation d’une platitude déconcertante, celui qui se nomme “ti bat kò”, visiblement agacé par la froideur du public face à ses chansons très peu connues, par ailleurs, se lance dans une opération de sauvetage qui consiste à mettre en avant ses avoirs, comme s’il suffisait de parler de son compte en banque pour compenser sa médiocrité. “Tout sa k sou mwen nèf e m ap fè kado yo”.

Et, tenez-vous bien, il a pris le soin de garder l’étiquette des vêtements ! Il jette sa casquette et sa chemise sur la foule qui, vraisemblablement, n’est pas trop emballée de les récupérer.

Effondré par son passage sur scène décevant, le sénateur cherche à sauver les meubles et s’en prend à ses détracteurs qui lui reprochent de ne pas savoir (suffisamment) lire. “Atik IV, egri k ap megri”, scande le chanteur devant un public imperméable et, visiblement, impatient de le voir quitter la scène.

Voulant aller encore plus loin pour faire taire les critiques, Gracia Delva se réfugie dans l’auto flagellation. En se critiquant soi-même, on minimise les critiques venues des autres. Aussi, avoue-t-il au public qu’il ne prend rien au sérieux au Parlement, qu’il est là pour s’amuser. “ M pa vin regle anyen nan bagay la, si m te vin regle yon bagay nan bagay la, m ta chanje. M toujou rete menm ti blada a.”

Pour garder son élégance dont il a lui seul le secret, le sénateur “Aya” passe le temps de sa prestation avec une bouteille d’alcool qu’il porte à sa bouche régulièrement. Comportement ô combien exemplaire dans un pays où on peut boire librement à la télévision. Ce n’est pas comme dans certains pays où il faut prévenir du danger de l’alcool à chaque fois qu’on en fait usage sur le petit écran.

Et pour couronner le tout, l’élu de l’Artibonite brille dans le registre qui a toujours été sien : l’exhibitionnisme des signes de richesse. Il présente au public sa montre qui coûte 15 000 dollars US. Ce qui est d’une insoutenable indécence dans un pays où un Haïtien sur quatre vit avec moins de 1,23 dollars US par jour (estimation de 2012).

“M pa vin regle anyen”. Qui ne s’en apercevait pas ? Ce qui pourrait être gênant mais qu’il ne l’est pas tant que ça, il paraît, c’est de continuer à entretenir le sénateur avec les très maigres ressources de la République. Cette préoccupation concerne les élus en général, car, l’aveu de l’homme fort de Marchand vaut aussi pour bon nombre de nos représentants qui ne représentent rien du tout, en fait.

Après la déclaration d’un autre sénateur, Edo Zenny, qui disait : “nos élus sont des bluffeurs” et les propos de G. Delva qui avoue ne fait rien et n’avoir aucune intention de faire quelque chose au Parlement, ne devrait-on pas faire preuve de lucidité face à une telle marque d’honnêteté? Vu qu’ils ne servent pas à grand chose (pour la plupart ?), ne devrait-on penser à les réduire, en suivant l’exemple sénégalais. Le Sénégal a supprimé en 2012 sa chambre haute et l’argent récupéré a servi à construire la Senergy 2, la plus grande centrale d’énergie solaire en Afrique de l’Ouest.

Je crois qu’un débat doit être engagé sur la pertinence d’avoir tous ces élus. Ils nous coûtent beaucoup d’argent et les résultats sont, dans l’ensemble, peu convaincants voire insignifiants. Faut-il réellement avoir trois sénateurs par département, par exemple ?

JM

Quelque part,

Le 15 juin 2017

 

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By | 2017-08-23T14:04:11+00:00 16/06/2017|idées et opinions, POLITIQUE, SOCIETE|

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