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Attention, Attention, cet homme Haitien est très dangereux. Méfiez-vous de lui !

Mesdames et messieurs, cet homme est dangereux, il s’appelle Wendy Phele, yo rele l, PITIT BONDYE A. Méfiez-vous de lui, car ce genre d’individu est capable de transformer le monde ; sa cité, son pays. Ce genre de jeune peut ravager nos bonnes vieilles habitudes. De bousculer notre petit train-train, , de démolir tout ce qui a fait nos références des siècles durant. C’est ce genre d’homme qui a fait les révolutions dans l’histoire. Des jeunes têtes brûlées, qui ont imaginé tout possible.

Heureusement.

En effet, il faut bien admettre que toute société évolue, qu’elle est sujette au changement. Que les jeunes apportent le sang neuf qui fait défaut aux générations antérieures. Ils ont acquis des diplômes, une expérience, une compétence qui les rend redoutables aux anciens. Pourquoi  donc ? Les savoirs ont évolué, ils ne sont plus les mêmes qu’il y a 50 ans, les sciences ont avancé, des progrès en toute sorte. L’on sait parfaitement que la génération actuelle s’est considérablement enrichie de la précédente, et que le savoir par définition, comme l’univers, est en permanente extension.

Voici donc l’exemple typique d’un jeune, sensibilisé aux problèmes politiques de son pays, qui  se forme à l’étranger, il y apprend, il retient ce qui peut être utile à son pays. Il aura ouvert son esprit par le voyage, il aura acquis des connaissances par ses études, il aura enrichi ses relations par un environnement humain riche et divers. Un doute toutefois : sera-t-il sensible à l’appel des sirènes de son pays d’accueil (La France)  ou va-t-il franchir le pas et réintégrer son île natale Haiti chérie,  pour la faire profiter de son savoir ? Indiscutablement attaché à ses racines, c’est la seconde hypothèse qui l’emporte. Et là, contre vents et marées, il sait qu’il va être confronté à une génération qui aura peu fait bouger les lignes, qui a peur de perdre son confort, qui veut plaire au pouvoir, qui s’est servilement abaissée à dénaturer la fonction politique… Comment expliquer qu’un état et que son appareil se soit trouvés si inefficaces durant tant d’années.  Il reste à souhaiter que cette jeunesse  dont j’en fais partie de mettre en place un bel idéal,  qu’elle redonne confiance à la population dans ses institutions afin que ce pays avance… Il y a tant de choses à faire !

C’est à Thomonde, une petite commune du centre d’Haïti, qu’il a vu le jour, il y a grandi. Sa vie à Thomonde n’a pas été baignée dans l’aisance. C’est sa mère Yvrose Gracia (FIFI), d’origine modeste, qui menait la maison. Elle ne possédait pas de fortune, mais elle a su prendre à deux bras ses responsabilités. C’est ainsi qu’elle est parvenue a lui donné une bonne éducation. Contre vents et marées, il faut le dire vigoureusement, elle a toujours trouvé le moyen d’envoyer le bambin dans les meilleures écoles de la cité. Il saura toujours lui rendre son amour qui l’aura tant aidé à grandir.

C’est tout naturellement à Thomonde que Wendy a suivi ses études. Dès son enfance, il a été torturé par des interrogations essentielles : comment un individu peut-il parler à la radio, comment sa voix est-elle transmise, comment peut-il être écouté avec attention par des millions de personnes disséminées de ci et de là ? il y avait répondu à sa façon, à savoir que c’est lui qui parlerait, et c’est lui qu’on écouterait. Cette passion ne lui avait jamais quitté, elle avait mûri bien sûr, mais elle était restée bien ancrée dans sa tête. Une idée de gosse ? Non, une vocation définitive. Pour cela, il fallait apprendre, pour apprendre, il fallait partir, et gagner le seul endroit où on enseignait cette science qui était le but et le rêve de sa vie : le journalisme à Port-au-Prince.

Port-au-Prince était la ville de tous les possibles, il s’inscrit dans une école de journalisme privé. Et c’est là qu’il découvre l’envers du décor. Une démystification du métier. Un apprentissage des techniques, une culture de la profession. Et puis des rencontres. C’est ainsi qu’il a rencontré le PDG Rony Colin, qui dirige la Radio-Télé Zénith. Une radio privée qui a une audience, qui compte,  c’est l’endroit idéal pour se faire ses premières armes.

Une époque bénie. Les études, c’est son choix ; l’époque de la jeunesse, de la découverte, c’est le moment de tous les possibles, les corps sont frais, les esprits sont vifs. Deux années productives, de celles qui marquent un avenir. Des lendemains qui chantent, un futur rieur, un diplôme en vue, une vie à construire, un bonheur à faire, ce que tout jeune ambitionne avant de se poser, de se réaliser, et de mener sa vie d’adulte.  Sauf que…

Le 17 mars 2012, Des coups de feu ont mis fin à ces magnifiques projets. Oui, il faut bien le dire, une tentative d’assassinat. Il faut le savoir : en politique, tout est possible. Sans doute un peu de meilleur, beaucoup de pire. Fallait-il dire que le maire de cette commune Jean Souverne Delva était corrompu ? Il aurait été beaucoup plus facile de se taire. Mais précisément, s’il avait voulu devenir journaliste, c’était aussi pour dénoncer l’immense gabegie et la corruption dans les institutions. La seule chose qu’il avais contre lui c’était d’être honnête. Qui a dit que l’honnêteté payait toujours ? C’est faux, pas en Haiti! Honnêteté rime souvent avec naïveté, ou avec aveuglement, ou alors avec bêtise, tout simplement. il a dit ce qu’il ne fallait pas dire. il devait en payer le prix : un rein. Retiré en urgence à l’hôpital, pulvérisé par deux balles dans l’abdomen, et une balle perdue dans le bras. Il faut savoir se taire dans ce pays.

La seule solution pour régler le problème, très provisoire, était de quitter Haïti. Le plus vite possible, puisque sa vie était mise à prix. Partir de mon pays, c’était une rupture, la tournure d’une page. Un moyen de sauver sa vie,  une nouvelle étape, mais il avait retenu de ses études en effet, que le vivant s’adapte, ou il meurt. L’alternative est très courte. Mais que c’est dur de quitter, de façon inopinée, sans avoir le temps des adieux, de ma famille, mes amis et mon pays, à cause de lamentables problèmes sécuritaires. L’honnêteté n’est plus ce qu’elle était. Il faut modérer la profondeur de son engagement professionnel, sa qualité, son expression, car cela est susceptible de coûter cher, très cher. Une tentative d’assassinat, qui aurait pu être simplement un assassinat.

17 mars 2012 – 17 mars 2017 = 5 ans. La justice est ? Merci PDG Rony Colin. Que la lutte continue !

Quoi qu’il en soit :  he will be back

 

 

Wendy Phele

Journaliste

Étudiant en maitrise en droit pénal

Université Toulouse 1 CAPITOL

France

 

 

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By | 2017-08-23T14:12:02+00:00 17/03/2017|SOCIETE|

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