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Racisme ou discrimination ? Soit l’un soit l’autre !

Le racisme n’a pas de couleur. Ni d’ethnie. On parle de racisme de blancs contre les noirs. Ou de racisme anti-blanc. Etc. Le registre s’élargit avec le racisme anti-jeune, ou anti-vieux, parfois même anti-riche, et bien sûr anti-pauvre, etc. Ou de racisme anti-étranger : on parle alors de xénophobie.

Quoi qu’il en soit, le raciste désigne une personne ou un groupe quelconque comme responsable de tous les maux dans une société parfaite, composée de gens très bien, très corrects, d’une honnêteté au-dessus de tout soupçon, d’un comportement absolument irréprochable, mais cette société fonctionne mal. Il faut donc chercher des coupables. Et le coupable, c’est tout trouvé, c’est l’étranger. L’autre. Celui qui vient d’ailleurs, ou qui est différent. Différent par la couleur, les cheveux, le nez, les lèvres, différent dans sa langue éventuellement… Bref, celui qui ne fait pas du tout partie du troupeau.

Le raciste désigne donc son ennemi, le bouc émissaire, celui qui lui cause tant de misères. Car lui, bien sûr, il est parfait. Tous les problèmes sont liés à cette minorité, quelle qu’elle soit. Donc la solution pour retrouver un monde parfait, consiste à éliminer les étrangers (physiquement, par avion, par voie de terre ou de mer, par le dénigrement dans la presse ou l’injure sur les murs, peu importe, tous les moyens bons à prendre), tous les étrangers, pour que la nation retrouve enfin sa belle unité, la patrie son merveilleux vivre ensemble et l’économie son rendement statistiquement national. Ce qui importe entre tout, c‘est rester entre soi. Le reste, c’est de la littérature.

En fait, les racistes constituent donc un ou des groupes quelconques, qui se croient supérieurs en droits, ou en insolence, ou en stupidité, à la majorité de la population mondiale. En fin de compte, ils orientent leur phobie, ou leur psychose, ou une pathologie plus grave encore, vers un groupe ethnique, social, culturel… pour excuser leurs faiblesse, leur lâcheté, leur paresse, pour défouler leurs pulsions et trouver ainsi un équilibre qu’ils sont incapables de trouver autrement. Ça leur évite de se remettre en cause. En sont-ils capables ?

Le racisme procède toujours d’un mécanisme qui échappe totalement à la raison. Un groupe ethnique – parfois simplement culturel ou plus rarement intellectuel – décide, en fonction de critères qui lui sont propres, qu’il est supérieur aux autres. Ça ne s’explique pas : c’est un dogme, une vérité première, un fait, comme le théorème de Pythagore, la loi de l’attraction universelle ou le réchauffement de la planète.

Le problème, car problème il y a, c’est que l’intellectuel normal, ordinaire, même l’intellectuel sans option, se demande toujours le pourquoi. C’est pourquoi il est intellectuel, précisément, et qu’il trouve difficilement une explication.

Pourquoi ce groupe s’imagine-t-il sorti tout droit de la cuisse de Jupiter, alors que, selon une supposition banale, ses membres seraient nés comme tout le monde du ventre d’une femme, humaine qui plus est ? Certes, le nazisme par exemple avait mis au point une théorie raciste terrible basée sur un syllogisme aussi élémentaire que redoutable : une race élue doit dominer, une race maudite doit disparaître. La terrible mécanique a été enclenchée, rationnellement et efficacement, sans sentiment, faisant des camps de concentration des camps d’extermination ; la fin du IIIème Reich, le suicide pitoyable de son fondateur en ont décrédibilisé définitivement jusqu’aux fondements, et d’une façon définitive.

De temps en temps, un groupuscule, ou le KKK aux USA, montre bien que le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde. Si avant, on ne savait pas, maintenant, on sait. Les pays se sont dotés de législation adéquate, mais il semble bien que le monstre bouge encore. Les théories suprémacistes, il y en a, quels que soient leurs auteurs, de quelque groupe ethnique qu’ils soient, procèdent de cette mécanique redoutable. Vigilance !

Pour problématiser et faire semblant devant les foules médusées de paraître un philosophe de la plus haute volée, sur quoi se fonde cette prétendue supériorité dont se prévalent les racistes ? Quel principe, quel présupposé, quel fondement politique, économique, culturel, technique, linguistique, éthique, social, esthétique, physiologique, artistique fonderait ledit groupe à prétendre à ce statut d’êtres d’exception titulaires de la vocation à commander, insulter, mépriser autrui dans sa diversité et son infinie hétérogénéité ? Autant l’affirmer haut et fort tout de suite : sur rien. Ou plutôt sur des nuages, du vent. Le fondement du racisme ne réside que sur l’immense bêtise humaine, que l’on sait d’une générosité sans pareille en accueillant en son sein toutes les déviances, toutes les pathologies, toutes les prétentions, toutes les grossièretés, toutes les perversités, la lie de la société y compris. Aucun fait scientifiquement démontrable, aucune vérité première dans une telle affirmation. Le néant. Ou la bêtise. Ou la méchanceté. Ou la maladie, ce qui est déjà quelque chose ; certes, mais si peu. Et de sxi mauvaise qualité…

Cela conduit donc directement à l’affirmation suivante : l’individu raciste, ou le groupe raciste, expose à la face du monde son immense incompétence à réfléchir, son incroyable nullité à mener un raisonnement, sa grande incapacité à conduire une réflexion un minimum, car, en croyant affirmer quelque chose d’intelligent qui n’existe pas, il affirme sa stupidité incommensurable, donc il se ridiculise. Misère… Encore faut-il que ses interlocuteurs soient en mesure de décrypter ce message insultant pour une grande partie de l’humanité. Et, comme il n’est pas intelligent, il le fait bruyamment, à cor et à cri, devant tout le monde. Il se ridiculise en public. Un peu comme le paon qui, en faisant une roue magnifique avec sa queue, expose un organe excrétoire essentiel pour la vie certes, mais que les gens bien élevés maintiennent cachés du public en général, avec une pudeur et une des vêtements de bon aloi et qui leur font honneur. Encore cette terrible distorsion, si redoutée de tout enseignant, entre le message envoyé et le message reçu…

Le groupuscule qui se nomme les kémites dont il est question, même ses membres sont tous noirs, ici partage donc toutes les prérogatives attachées à la définition d’un système raciste.

L’on parvient donc à un paradoxe presque comique, incohérent, stupéfiant : un groupe se réclamant d’une théorie raciste qui prend la défense d’une minorité ethnique victime de racisme. Un oxymore. C’est l’hôpital qui se moque de la charité. De quoi mener une réflexion, du moins pour ceux qui sont en mesure de le faire. Ne vous en faites pas, rassurez vous : il y a des gens intelligents sur terre. Gardez votre fierté et votre dignité, le monde vous regarde.

 

 

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By | 2017-08-23T14:13:20+00:00 12/03/2017|idées et opinions, SOCIETE|

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